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Suivi de la Faune piscicole du bassin versant du Sornin
| Publié le 6 octobre 2014

Contexte et démarche

Le Sornin prend sa source à 590 mètres d’altitude à Saint-Bonnet-de-Bruyères dans le Rhône, traverse la Saône-et-Loire sur 23 km, puis rejoint le département de la Loire à Saint-Denis-de Cabanne. Il se jette dans la Loire à Pouilly-sous-Charlieu après un parcours de 53 kilomètres.

Localisation bassin du Sornin

Le bassin versant du Sornin a une superficie totale de 517 kilomètres carré dont 293 kilomètres carré en Saône-et-Loire.

Dans cette région d’élevage et de production forestière, l’urbanisation reste très faible. Les cours d’eau du bassin sont pour la plupart classés en 1ère catégorie piscicole. La truite fario est l’espèce piscicole à la fois patrimoniale et emblématique du bassin du Sornin.

Bassin versant du Sornin

Le Sornin au pont des Modeux (Chassigny-sous-Dun-71)

Le Sornin à Chassigny-sous-Dun.

Depuis 2004, la communauté de communes du Pays de Charlieu, puis le Syndicat Mixte du Sornin et de ses Affluents (SYMISOA), œuvrent pour l’assainissement, la restauration et l’entretien des cours d’eau du bassin versant du Sornin, dans le cadre d’un Contrat de Rivière.

C’est dans ce contexte, que la Fédération de Saône-et-Loire pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, soucieuse d’améliorer les connaissances sur les peuplements piscicoles et la qualité des cours d’eau, réalise une étude de suivi des peuplements piscicoles du bassin du Sornin.

Débuté en 2008, ce suivi est soutenu financièrement par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, la Région Bourgogne (2008, 2009 et 2010) et la Fédération Nationale Pour la Pêche en France (année 2013).

Des peuplements piscicoles pas toujours préservés

La dernière campagne de pêche électrique (automne 2013), a montré des fonctionnalités piscicoles variables d’un secteur à l’autre du bassin. Certains linéaires de cours d’eau présentent encore des belles fonctionnalités piscicoles quand d’autres s’avèrent être perturbées ou dégradées.

Ainsi l’amont du Botoret (truite fario), l’aval du Sornin (cyprins d’eau vive et espèces migratrices) et de l’Aron (truite fario) présentent encore des peuplements piscicoles de qualité.

Pour, le Mussy, le Pontbrenon mais aussi la partie médiane et amont du Sornin les peuplements piscicoles sont perturbés. En effet, ces cours d’eau à vocation salmonicole présentent des abondances faibles de truite fario au regard des potentialités théoriques de ces milieux. Il en est de même pour les petites espèces sensibles des têtes de bassin (chabot, vairon, lamproie de planer), mais aussi pour les cyprinidés rhéophiles sensibles (barbeau, hotu, vandoise, toxostome) qui lorsqu’ils ne sont pas absents, colonisent ces portions de rivière en très nette sous abondance.

Enfin, l’amont de l’Aron et les affluents du Brionnais que sont la rivière des Barres, les Equetteries et le Bézo sont caractérisés par des peuplements encore plus perturbés. La truite fario est devenue très rare sur ces cours d’eau. De plus, les cyprinidés ubiquistes et tolérants (goujon et chevesne) sont très fortement abondants et les espèces d’étangs sont encore bien trop présentes pour permettre d’obtenir des qualités d’Indice Poisson Rivière autres que mauvaises et très mauvaises.

Fonctionnalités piscicoles des quelques rivières du bassin du Sornin

Des problématiques récurrentes à de nombreux bassin du département

 Si les populations piscicoles des principales rivières du bassin du Sornin présentent bien souvent des qualités altérées, c’est parce qu’il subsiste des facteurs limitant le développement des communautés de poissons.

 En premier lieu, les eaux de ces rivières de première catégorie piscicole connaissent bien souvent un réchauffement thermique trop marqué. Ce dernier a des répercussions sur les densités des espèces de poissons les plus sensibles comme la truite fario.

 Ce réchauffement s’explique par divers facteurs. On peut déjà évoquer l’augmentation générale des températures terrestres. Mais il ne faut pas négliger la destruction partielle ou totale de la végétation rivulaire (la ripisylve) qui permettrait de conserver un corridor de fraicheur. Enfin il convient de souligner la présence en trop grand nombre de plans d’eau qui, par leur grande surface en eau soumise aux rayons du soleil, favorisent une accentuation des températures.

 La ripisylve, évoqué précédemment, ne permet pas seulement de garantir une certaine fraicheur de l’eau, elle garantit aussi la présence d’abris et de caches en berges qui augmentent les capacités d’accueil (qualité des habitats) et favorisent l’implantation des populations de poissons en densité plus importante. En maintenant la berge, la ripisylve limite aussi l’érosion, l’écrasement du lit des cours d’eau et le colmatage des substrats par des sédiments fins. La ripisylve a encore d’autres fonctions essentielles (rôle trophique..) qui garantissent le bon état écologique des cours d’eau. Son absence ou son altération a des répercussions fortes sur la qualité et la densité des peuplements piscicoles des rivières du bassin du Sornin.

Quant aux plans d’eau, leurs impacts ne se limitent pas seulement à une hausse des régimes thermiques des cours d’eau. En période estivale l’évaporation de l’eau est accrue sur les surfaces planes des plans d’eau. Les étiages dans les cours d’eau sont ainsi accentués (faible débits). Les qualités d’eau peuvent aussi être altérées en aval des étangs. Enfin les étangs constituent bien souvent un obstacle à la libre circulation piscicole ; obstacle supplémentaire à la multitude des petits seuils et barrages qui viennent contraindre les déplacements vitaux de certaines espèces de poisson.

Enfin, le bassin versant du Sornin se situe en pleine terre d’élevage bovin. Sur certains secteurs, le piétinement, la stagnation et les déjections des animaux d’élevage dans les petits cours d’eau sont fréquents. En été lorsque les débits sont faibles, ceci peut avoir de lourdes conséquences sur l’état des peuplements piscicoles des rivières du bassin. Ceci est particulièrement observé sur la partie Brionnaise du Bassin (rivière Bézo, Equetteries, rivière des Barres).

Des solutions et des efforts entrepris

 Pour remédier à toutes ces problématiques, un travail long et fastidieux a été entrepris par les équipes du Syndicat Mixte du Sornin et de ses Affluents. Pour ne citer que quelques actions engagées, des seuils et barrages limitant le déplacement des espèces piscicoles ont commencé à être effacés sur les portions aval du bassin. D’importants travaux de restauration de la végétation rivulaire par la pose de clôture et la plantation de ripisylve ont été entrepris sur de grand linéaire du Bézo. Ces efforts devront se poursuivre pour observer une amélioration de la qualité des peuplements piscicoles.

A n’en pas douter les efforts consentis apporteront de bons résultats dans les années à venir.

Consulter le rapport d’étude