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Travaux de restauration sur les ruisseaux du Morvan
| Publié le 14 décembre 2013

Les rivières et ruisseaux du Morvan forment un ensemble de milieux aquatiques d’intérêt patrimonial. Ces cours d’eau, pour la plupart classés en 1ère catégorie piscicole, abritent  des populations de truite fario mais aussi tout un cortège d’espèces sensibles (chabot, lamproie de planer, vairon, juvénile de saumon atlantique, écrevisse à pieds blancs…).

Le Morvan abrite encore des rivières préservées. Les gorges de la Canche

Le Morvan abrite encore des rivières préservées. Les gorges de la Canche. (crédits photo : fédération de pêche 71)

Chabot

Chabot

Depuis quelques années (2008), le Parc Naturel Régional du Morvan mène une politique de préservation et de restauration de l’ensemble de ces petits écosystèmes dans le cadre  d’un Contrat Territorial.

Le projet de Contrat Territorial Sud Morvan est un outil technique et financier proposé par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne. Il s’agit un programme pluriannuel de 5 ans visant à améliorer et maintenir la qualité de l’eau et des milieux aquatiques.

Des études, mais aussi des actions en faveur des milieux aquatiques, ont ainsi été programmées et budgétées sur la totalité des bassins versants du Ternin, de la Celle, du Méchet, de la Braconne, du Veynon, du Morion, du Guignon, de la Dragne, du Chevannes et de l’Alène ; soit 54 communes réparties sur 3 départements (Saône-et-Loire, Nièvre, Côté d’Or).

La Fédération de Saône-et-Loire pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique participe activement à la mise en place de ce contrat.

Après avoir réalisé les inventaires piscicoles ayant permis la détermination d’une partie du diagnostic environnemental, la Fédération s’est positionnée sur deux axes de travail principaux :

  • la restauration de la continuité écologique,
  • et la restauration des habitats piscicoles par la reconstitution de la végétation (ripisylve) des rives des ruisseaux.

Restauration de la continuité écologique :

Restaurer la continuité écologique signifie aménager ou supprimer les barrages et autres seuils qui ne permettent pas le déplacement des poissons ; ces déplacements étant parfois indispensables  aux espèces piscicoles qui effectuent des migrations à la recherche de sites de reproduction ou de grossissement (croissance et développement).

Obstacle à la libre circulation piscicole sur le ruisseau de Bessay (Haut bassin de la Grosne)

Obstacle à la libre circulation piscicole sur le ruisseau de Bessay (Haut bassin de la Grosne) – (crédits photo : fédération de pêche 71)

Après la participation technique à l’effacement de deux obstacles sur le Gagère, affluent du Ternin à Chissey-en-Morvan, la Fédération a financé une partie de l’aménagement de deux obstacles sur le ruisseau du Chenelet à Anost :

  • le seuil du camping à Anost,
  • le chemin rural des Riolots à Anost.

Ces travaux, souhaités par l’AAPPMA d’Anost et mis en œuvre par le Parc Naturel Régional du Morvan, ont pour objectif de faciliter le déplacement des truites fario lors de leur montaison à la recherche de lieu de reproduction mais aussi lors de la dévalaison des juvéniles.

  • le Seuil du Camping à Anost

Obstacle à la libre circulation piscicole

Obstacle à la libre circulation piscicole sur le ruisseau du Chenelet- Situation avant aménagement. (crédits photo : fédération de pêche 71)

Le seuil du camping à Anost est constitué d’un pont et d’un ancien lavoir, aménagé pour servir de prise d’eau à l’alimentation du bassin de natation du camping d’Anost.
Suivant les conditions de débits, l’ensemble était particulièrement infranchissable pour les espèces piscicoles, y compris la truite qui présente pourtant des capacités de nage assez développées.

Après travaux, voici l’aménagement en photo :

barrage_camping_apres_travaux

Obstacle à la libre circulation piscicole sur le ruisseau du Chenelet- Situation après aménagement – (Octobre 2013). (crédits photo : fédération de pêche 71)

Ces travaux viennent d’être achevés (octobre 2013).

Afin d’optimiser leur fonctionnalité, nous effectuerons durant l’hiver et le printemps prochain des mesures de vitesses de courant pour envisager d’éventuelles améliorations.

  • Chemin rural des Riolots

Au droit du chemin rural des Riolots, il subsistait une chute d’eau infranchissable par les espèces piscicoles. De plus le ruisseau s’écoulait sur le chemin qui pouvait être emprunté par un ensemble d’engins agricoles.

Les travaux ont consisté à contourner la chute d’eau, en favorisant l’écoulement du ruisseau en rive gauche et à protéger le lit du ruisseau dans le chemin par la pose d’une arche en PEHD.

Ruisseau du Chnelet s'écoulant dans le chemin

Buse du Chemin rural des Riolots. (crédits photo : Parc Naturel Régional du Morvan)

Ruisseau s'écoulant dans le chemin du Riolot

(crédits photo : Parc Naturel Régional du Morvan)

Après aménagement, voici les photos.

Aménagement franchissabilité de la chute d'eau - Ruisseau du Chenelet - Chemin du Riolots

Aménagement franchissabilité de la chute d’eau – Ruisseau du Chenelet – Chemin du Riolots. (crédits photo : Parc Naturel Régional du Morvan)

aménagement passage busé sous le chemin rural de Riolots - (crédits photo : Parc Naturel Régional du Morvan)

(crédits photo : Parc Naturel Régional du Morvan)

Busage sous chemin des Riolots

(crédits photo : fédération de pêche 71)

Nous espérons que ces travaux permettront la libre circulation des espèces piscicoles et protégeront la population d’écrevisses à pieds blancs connue sur le secteur.

Coût de l’ensemble de ces travaux : 9328 € TTC

Financeurs :
Agence de l’Eau Loire Bretagne : 50%
Conseil Régional de Bourgogne : 20%
Fédération Nationale Pour la Pêcher en France : 18%
Fédération de Saône-et-Loire pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique :  12%

Restauration des habitats piscicoles par la reconstitution des ripisylves :

Les formations végétales qui se développent sur les berges et les abords  des cours d’eau ou des plans d’eau  sont appelées ripisylve.
La ripisylve est essentiel au bon fonctionnement écologique des ruisseaux et rivières. Ses rôles sont multiples et fondamentaux.

Elle joue d’abord le rôle de protection thermique, facteur primordial sur les cours d’eau salmonicoles (truite fario). Elle fournit aussi une grande quantité d’abris (systèmes racinaires, encombres, sous berges). En outre, elle représente une ressource trophique (feuilles, litières, bois mort) pour de nombreux insectes et par conséquents, pour les poissons qui s’en nourrissent. Elle garantit également le maintien des berges et la réduction des phénomènes d’érosion. Enfin, elle joue un rôle tampon vis-à-vis de l’apport de matières fines et de matières polluantes provenant des versants.

Depuis la fin des années cinquante, et l’avènement de nouvelles pratiques agricoles (modernisation), la ripisylve a été massivement détruite sur l’ensemble des petits chevelus du département (petits ruisseaux, largeur inférieur à 2m). Ces petits milieux ont ainsi perdu une grande partie de leur fonctionnalité écologique.

Ruisseau aux berges nues (sans ripisylve)

Ruisseau aux berges nues (sans ripisylve)

Ce pourquoi, la Fédération a souhaité s’inscrire dans un programme de reconstitution  des ripisylves sur les ruisseaux du bassin du Méchet et du Ternin. Ce programme dont le coût est estimée à 40 000 €, est financé par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne (30%) par le fond FEADER (Fond Européen Agricole pour le Développement Rural – 42%), par le Conseil Régional de Bourgogne (20%) et la Fédération de Pêche de Saône-et-Loire (8%)

A ce jour, de nombreux propriétaires et exploitants agricoles ont été rencontrés dans l’été 2013.

A l’issu de ces échanges, des travaux de reconstitution des ripisylves ont été programmés sur un affluent du Ternin dans le secteur de Sommant et sur un affluent du Méchet sur le secteur de la Grande Verrière.

Ces travaux comprennent :

  • de la pose de clôture pour limiter le piétinement bovin sur les berges des ruisseaux,
  • la mise en place de passage à gué et d’abreuvoir,
  • la plantation d’essences d’arbres adaptées aux bords de ruisseau,
  • la stabilisation des berges (encoches d’érosions) par des techniques de génie végétale (tressage, fascinage)

Ces travaux doivent commencer dès le début de l’année 2014 et devront être terminer au début de l’année 2015. Selon l’avancée des chantiers, nous aurons l’occasion de vous présenter plus dans le détail les opérations réalisées.